Jour 21



Coup d’œil par-dessus le bastingage.
Ma vie n’est pas différente de cette eau qui s’absente puis renaît en vagues,
se perd dans le reflet d’une lune moribonde,
s’absente encore et revient,
chavire ou frétille.
Comme un souvenir vous raccompagne aux portes
d’une monumentale solitude,
l’espoir rejaillit du miroitement des flots diamantés.


Puissant sortilège, un grand rire de mer soudain s’accorde
à ma respiration la plus profonde.
Instant serré où toute mon existence défile sans bruit.
Tremblement des ombres effacées.
L’homme de chair ainsi se fait et se défait
au balancement d’une mémoire devenue opulence.


L’océan rêve en silence, hésite puis se décide à la tendresse.
Dans une noblesse parée de rêverie,
eau et lumière se mêlent d’une étreinte parfumée.
Fragile et discrète,
chatouillée de patience,
picorée de mille lucioles,
j’entends craquer la nuit
sous l’afflux des senteurs marines.