Bains (9)

Mon corps se redresse,
comme reconnu,
comme élargi par cette fluidité complice.

Il vient de naître.
Sous un réseau d’entendements, de connivences,
mon corps vient de naître.

Il se lève tout nu, dans sa vérité toute nue.
Ni équivoques, ni subterfuges.
Le corps dans la vérité de la chair,
le corps dans la nudité de la chair.

Mon corps risque ses préférences.

Mon corps ausculté par les vents,
tatoué par les sables.

Ô chair d’extase !
Ô beau, ô pur langage !

L’eau qui s’écoule sur la peau,
l’eau qui encense les bras, le ventre,

l’eau livre au corps l’énigme de sa finitude.